Les bio semeurs de sens

28/04/2017

Dans le joli village de Trézéléguen, à seulement quelques encablures de la mer et du célèbre Fort Bloqué, Céline Guitteny cultive un jardin maraîcher de 3500 m2 en agro-écologie et permaculture, juste devant sa maison. Une activité démarrée à l’été 2018.

Avant de devenir jardinière paysanne, Céline a exercé la profession de kiné, pendant treize ans. Jérôme, son mari, était charcutier. Ils aimaient tous deux leur métier mais l’envie d’être acteurs et pas simples “consom’acteurs” devenait trop forte. Ils tentent d’abord de s’installer au Maroc avec un projet de maraîchage bio mais les terres qu’on leur propose sont hors de prix. Rentrés en France, ils n’abandonnent pas le projet et partent faire du woofing dans le sud-ouest pour se former. De retour en Bretagne, ils craquent pour une ancienne ferme guideloise avec ses arbres fruitiers, son immense terrain plat et bien exposé. En mars 2017, Céline effectue son dernier jour de travail en tant que kiné, le couple est fin prêt pour démarrer l’activité. Malheureusement, coup du sort : la tempête Zeus provoque de gros dégâts sur les tunnels. Dans le village naît un grand élan de solidarité. Les voisins viennent à la rescousse : “ils sont devenus des amis” explique Céline, “depuis, ils nous aident, entre autres à déplacer les serres lors de la rotation des cultures ”.

Agriculture bio-intensive

Le lancement d’un crowdfunding (financement participatif) sur internet permet de récolter 85 000 € pour les réparations. L’argent servira également à créer un système d’irrigation sur la parcelle de Gestel et à mettre en place une approche inspirée de l’agriculture bio-intensive. L’objectif est d’optimiser la surface de production en serrant notamment les plants pour avoir une densité de production plus forte. Cela donne des rendements exceptionnels sur petite surface, sans nuire à la fertilité du sol. Les principes de permaculture sont là aussi. La jardinière-paysanne, comme elle se définit, étudie l’idée du papier kraft en paillage, utilise du broyat d’huîtres pour augmenter le pH du sol et crée des haies comestibles pour favoriser les auxiliaires. Elle vise une labellisation Nature et Progrès à moyen terme. Prochain projet ? Développer le verger, déjà fourni en pommiers avec bientôt des cerises, kiwis, poires, prunes, pêches, kakis et petits fruits rouges… Céline souhaite aussi mettre en place des ruches et des poules pondeuses sur la ferme. Le couple est aujourd’hui plus qu’heureux d’avoir changé de cap professionnel : “Nous souhaitions voir grandir notre petit Éliot dans un environnement sain, nous voulions qu’il connaisse un monde plus simple, à distance de la sur-consommation, un monde plus social, plus libre, plus humain.” Pari réussi !

Céline

Article rédigé  en 2017

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