Nomad Yo

4/07/2022

C’est à La Feuillée, au cœur des monts d’Arrée, dans une maison en pierre, entourée de verdure, que naissent les spécialités végétales Nomad Yo. Un dessert inventé et élaboré de manière artisanale par Christophe Favrot, passionné d’environnement et de fermentation.

L’histoire commence bien loin de nos paysages bretons, en Pologne, en 2011. Docteur en microbiologie et ingénieur agronome, Christophe est en mission dans une ferme quand un champ de blé l’inspire. Les grains, encore verts, en sont au stade « laiteux » (quand on les perce, un liquide blanc s’en échappe). Et si ce « lait » permettait de fabriquer des yaourts ? L’idée fait son chemin et, un mois plus tard, de retour en Bretagne, Christophe lance les premiers essais. Il achète différents «laits » végétaux (riz, quinoa, avoine, épeautre…) et multiplie les expérimentations. Sans succès. Il se concentre alors sur le riz (acheté à la Biocoop la plus proche !) et sur la fermentation… Bingo ! Trois mois plus tard, le premier «yaourt » à base de riz fermenté voit le jour. Suivront d’autres essais, transformés avec succès, à base de céréales plus locales, sarrasin et millet, achetées aux producteurs voisins. Christophe, aidé par sa compagne, Nathalie, lance Nomad Yo.

OPTIMISATION

Non seulement le produit est totalement novateur mais il s’inscrit aussi dans une démarche ultra exigeante, de respect de l’environnement et d’optimisation des ressources. L’idée c’est de produire le moins de déchet possible, de réemployer au maximum et de limiter les consommations. Et ça commence dès la cuisson. Christophe a opté pour une marmite norvégienne qui a la propriété de garder la chaleur très longtemps. Une fois le riz cuit, il ajoute les ferments (qui donnent un goût acidulé et une texture onctueuse) puis laisse le mélange reposer 12 heures dans sa marmite avant de le mettre en pot. Une solution qui évite de dédier une pièce chauffée pour la fermentation. Le seul élément consommant de l’électricité* est la machine artisanale de mise en pot. Pots sur lesquels les étiquettes seront collées à… la bouillie de riz ! Rien ne se perd et ça a aussi l’avantage de se décoller facilement pour favoriser le réemploi.

RAPPORTEZ VOS POTS !

Une fois les yaourts terminés, rapportez en magasin les pots lavés et sans étiquette. De retour à La Feuillée, ils seront désinfectés et réutilisés. Pourquoi les rendre propres si Christophe les relave ? Afin de garder un espace de travail stérile. Un pot souillé pourrait mettre en péril toute la production. Environ 50 % des pots vendus par Nomad Yo connaissent ainsi une deuxième vie. Ces stratégies d’économie à tous les niveaux de la production, au-delà de l’aspect environnemental, permettent de conserver un prix de vente abordable. Le carton augmente ? Nomad Yo investit dans des cagettes plastiques, plus résistantes et durables et invente un aménagement sur mesure, fabriqué en famille, à partir d’anciennes feuilles d’intercalaires, pour bien caler les pots. Les cours du carburant s’envolent ? Ça passe ! Aujourd’hui, Christophe produit 800 pots par semaine, pas plus, et ne les vend qu’au plus près, sur les marchés ou en Biocoop. Pas question de se lancer dans un process industriel, ni de faire parcourir des kilomètres à ses yaourts. Il préfère exporter son savoir-faire plutôt que ses produits. Un an seulement après sa découverte, il avait déjà choisi d’en faire un bien commun. Depuis, il offre sa recette à qui veut l’expérimenter pour sa consommation personnelle et organise des ateliers pour enseigner sa méthode. Il vous en proposera un cet automne aux 7 Épis. L’occasion de découvrir au passage la nouvelle passion de Christophe : la gemmothérapie forestière. Parallèlement à Nomad Yo, il a lancé une gamme de compléments alimentaires, à base de bourgeons, permettant de lutter contre certaines allergies. Évidemment, les petites bouteilles de verre sont prévues pour être réutilisées !

 

*electricité achetée à Enercoop

 

 

 

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