Les protéines végétales de Pierre Avril

23/04/2020

Les premières lentilles bio bretonnes en vrac sont désormais disponibles dans tous les magasins 7 Épis ! On les doit à Pierre Avril, ‘‘paysan expérimental” et passionné.

Pierre Avril a trouvé son petit coin de paradis au nord de Vannes, avec la ferme de Tredazo. “C’est une ferme passion. Je peux me permettre de tester, parce que j’ai une autre activité à côté : je suis concepteur et fabricant de matériel, j’invente des solutions de désherbage mécanique pour lutter contre le Round-Up!”. Issu du milieu agricole, Pierre a grandi dans les hauts de Saumur, à l’ombre d’un verger de poires Williams… traité entre 20 et 25 fois par an… de quoi devenir un fervent militant bio.

Formé à la mécanisation agricole, il a pas mal bourlingué avant d’arriver en Bretagne, en 79. Et testé plein de métiers et de formations avant de développer ses propres inventions à partir de 2006 : 3 brevets en 3 ans ! Dans la foulée, il a trouvé les terres qu’il cherchait depuis des années, avec la ferme de Tredazo (26 ha). “Elle était en friche depuis 3 ans. J’ai donc pu démarrer en bio tout de suite. Et commencer les expériences !”.Premier essai : du blé noir et des pommes de terre. Puis du lupin, jaune et bleu. “Je le développe depuis 6 ans avec l’espoir de le démocratiser dans l’alimentation animale et humaine pour lutter contre le soja OGM. Le lupin jaune contient plus de protéines que le soja, il pousse sur les terres acides et pauvres, on peut en faire des farines pour gâteaux comme de la charcuterie végétarienne… que demander de mieux !”

Lentilles locales

“Cette année, un jeune technicien qui me savait “expérimentateur”, m’a proposé de tester les lentilles. Et ça a fonctionné ! En partie grâce aux records de chaleur. Pour l’instant on doit être trois à avoir essayé en Bretagne, avec plus ou moins de succès. La lentille est encore un peu cher à la vente, à cause du coût du tri notamment : il faut aller jusqu’à Châteaubriand, il n’y a rien de plus près. J’aimerais que ça donne envie à d’autres de s’y mettre pour qu’on puisse monter, en local, une structure de séchage-triage et valoriser nos produits. Dans un contexte de réchauffement climatique, où il va falloir diminuer à la fois notre consommation de protéines animales et notre consommation énergétique, les lentilles locales mais aussi les pois, les fèves et le blé noir décortiqué (nutritifs, riches en vitamines, en sels minéraux et en protéines), apparaissent comme des alternatives particulièrement intéressantes”.

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